DELTA Génie, lève le voile, En laissant ta lampe Et sa lumière sur nous, Debout, nus, dans l'air De l'aube fraîche Mon moineau, De ma vie l'Amour, Petit piaf, porteur Des vers de feu Et d'eau verte Je glisse mes mains Sous tes ailes de soie Et lèche ton front Couvert des cendres Humides Du feu qui brûle Comme des soleils L’intérieur de nos vies Et glisse impromptu Le long des pointes Surgissantes Qui frissonnent Quand s'échangent Arrondis les raies Tactiles Et mon corps Plonge entier Dans les bruits De tes lèvres Ouvertes Et tu danses D'entrechats, De pavanes et d'aubades Et nous ne sommes plus...
Le feu, Tenter la fusion Je l'embrasse, me brûle la langue m'embrase, m'exalte Je l'étreins et me consume Ma peau mue Tombe en grêle Froide et cendrée Fonderie carnassière Puis du liquide ardent S'évapore mon âme
J'aime le bruit délicat de la pluie sur tes bras, Le murmure du tonnerre sur tes lèvres de satin, Et l'ivresse de l’éclair sur le miroir sans tain, De ton regard noir !
De grandes tresses encadrent l'antre Où sommeillent deux monstres tremblants. Soulèveront-ils bientôt leurs lourdes portes Et tourneront sur moi leur couleur d'acide bleu Et avides, me guetteront comme une proie Affamés par l'esquisse d'un mouvement Je glisse un regard furtif sur Tes yeux clairs dans leurs orbites Tu dors. Tu te réveilleras...
Je chuchotais Don't feel the fear et mon regard engloutissait la nouvelle ange A l'angle aigu des corps amis j'eu la vue si troublée qu'à mon tour elle m'avalait
Les hauts se délitaient en lambeaux Les voix sourdes criaient. Qu'y pouvait-on ? Lancées, les verses s'abataient obliques Et nul sous elles ne semblait s'attarder. Orangée, L'eau en traits délavait le monde Mêlant les couleurs à une encre assoiffée Et les têtes vers l'avant, s'inclinaient comme une vaine prière au beau temps. C'est là qu'elle fit l'impensable. On la vis lever son visage, pour laisser l'eau glisser sur l'ourlet de son voile en perles d'agathe de saphir et de jais, qui roulaient à ses pieds, sauvages. A l'averse elle répondait avec l'éclat que laissait apparaitre le sourire sur ses...
Elle se liait trop souvent aux reflets de lumière, et aux prières incertaines. aux feux de son corps elle répondait à peine comme une chose qui n'est pas et si loin qu'elle tendait le bras il n'y avait point l'amour que de soi et elle languissait là sans un prince à étreindre Un sombre jour dans un creux du ciel, elle vit une lune tentante comme un fruit elle ne pouvait l'atteindre, ses pieds enracinaient la terre comme un filet. Elle cria sa volonté de gouter cette pomme et de sa bouche sortit un papillon de mots dit qui alla chaotique cueillir l'astre de nuit Qu'advint il d'Eve et du fruit ?...
Aux vapeurs liquéfiantes j'appose le tumulte de mes songes opaques et le monde autour qui danse Au seuil bleu du sommeil je pose la tension mouvant mes entrailles et ces lourdes mains trop lointaines alors, je rêve de métamorphose dans le foyer de mon désir pour moi un dragon se dresse Cet homme flamboyant dépose sur mon cou offert à sa prise La morsure unique et douce D'un baiser brûlant.