Résumé de l'épisode précédent : "Matt n'a plus de cigarette. Il doit sortir." Je mate la pile de godasses entassées à l'entrée. Je devrais mettre mes baskets, cette journée (enfin, ce qu'il en reste) promettant d'être longue. Mes homologues humains ont le chic pour me donner rendez vous tous en même temps. Mais en fait non, pas de basket. Un truc me dit plutôt d'enfiler les chaussures classes que je mets pour sortir en soirées. Avec cette pluie, c'est une idée stupide comme il m'arrive souvent d'en faire. Encore cette foutue petite voix qui nous pousse à agir, souvent pour rien, mais qu'on ne peut...
On passe notre temps à attendre. Ca commence dès le reveil ! On attends que l'eau coule, de son corps dans les WC, puis dans le lavabo ou dans le tuyau de douche pour se laver . Que le café chauffe, le pain grille, le verre de jus d'orange soit rempli. Puis que l'ascenceur arrive à l'étage. Qu'il nous descende au rez de chaussée. Puis l'attente du transport, le train, le métro, l'autobus, plus rarement le taxi ou le collègue. L'attente dans ledit transport, mais parfois employé à faire autre chose. Ou dans la voiture, dans les bouchons. Puis les attentes au boulot, que l'ordinateur démarre, que...
(sans verbe) Rêve d'une vague. La marée montante, sur les quais d'une Venise océanique. La vague, encore loin, mais rapide. Son grondement sourd à mes oreilles, signe de sa force monstrueuse. Un regard et l'imagination en moi. Le point d'impact entre mon corps et cette lame d'eau. Soudain, une explosion en gerbes magnifiques sur les rochers, puis la vague presque sur moi. Temps long, élastique, réflexion intense, plusieurs images dans l'esprit, noyade, mort, nage, vie. Souffle de la vague sur mon visage, inspiration d'air dans mes poumons, trois pas vers ce mur bouillonant et plongeon. Mon corps...
Le trottoir sur lequel il marchait frissona soudain, le déséquilibrant à l'entrainer presque dans une chute le sol contre la tête, ce qui est souvent très douloureux. Tandis qu'il se raccrochait tant bien que mal à un poteau de stop multicolore, la rue, par la bouche d'égout la plus proche, l'interpela. "J'ai l'angle de la rue qui me démange ! voudriez vous bien me le gratter ?" C'était la première fois que cette rue lui parlait, même s'il habitait le quartier depuis déjà quelques saisons (peut être bien déjà la cinquième), alors il regarda autour de lui pour savoir si c'était bien à lui qu'elle...
Comme promis à certains d'entre vous, voici le morceau que j'ai improvisé au "piano" lors d'un concert devant une foule immense de 80 personnes (et maintenant un peu plus avec vous ! ;) )
L'arbre puise sa force de ses racines et de la lumière. Vitesse de la lumière, constante et variable. Amour asexué, du pollen sur une graine. Une fièvre, douce et mortelle, l'esprit en cendre. Une ribambelle, un banc, un espoir par dessus les toits, le toi, l'étau, la taule. ville de fer et de pierre reconstituée, de prostituées, et peu d'air pour respirer. Fuir, revenir, fuir. Et l'arbre danse, au gré des vents...
Sous une délicieuse ondée de larmes tièdes, Nos mains nonchalantes sur nos corps alanguis glissent sur nos peaux couleur de Suède Comme toutes les gouttes de cette pluie. Replie tes ailes sous l'anse de mes mains. Et glisse ton corps près de moi, ange de brume, Je t'emmène chevauchant au delà des dunes sur mes douces entrailles, si tu veux bien. Nos lèvres effleurent la mémoire des instants l'empêchant de nous fuir loin de cette place Les profonds miroirs de nos âme s'enlacent Et nous laissent sur l'humus, agonisants. L'horizon alors s'étend infini Et si nous en traçons le contour Nous aurons dessiné...
Voila. L'animal de métal me fixe de ses yeux. Je dois être patient. Ta liste est immense et remplie d'incontournables. Trop de chose qui prennent ce temps qui nous échappe rien qu'à survoler. J'espère juste que vous n'avez pas commencé votre visite par cette gare. La partie extérieure la plus belle du batiment est seulement du côté du fleuve. Et je vois d'où je suis placé la plupart des points d'arrivée. Et puis les animaux sont un passage obligé pour les enfants. Le serpent d'homme garde sa longueur déconcertante. Pourtant c'est l'heure du repas. Ici, ça a l'air facile de se donner rendez-vous....
Trois voix : - La température augmente. -Très bien. Voyons voir comment il va réagir - ...Êtes-vous surs que c'est une bonne idée ?... - on a pas le choix, on doit aller au bout de l'expérience - Pensez vous qu'il est vivant ? - Ben là on est a 180° C, ça monte encore. On s'arrête à 210 - Ok... On continu encore tant qu.. - Il a bougé ! - Quoi ? Non, je ne vois rien sur le scan, tu as révé - Non je t'assure ! Tiens ! regardez... -... -... - Oui tu as raison, ça gonfle. - Olala, mais alors c'est vivant ? - Nous n'en somme pas sur. - Pourtant le mélange a été fait correctement ! - Je crois - 210...