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Bientot ou plus tard Deux mains, un clavier, les yeux ailleurs. Que savons nous, sinon que bientôt ou plus tard, la poésie vaincra.

La fuite

Oliv
En dégradé, les courbes sombres s'effacent vers le blanc,
sur lequel une silhouette tends ses bras filiformes.
Devant se spectacle, elle se met à rêver,
de vents, de printemps, de soleils et d'hivers.
Mue par une force du fond de la terre,
elle s'étire un peu et allonge ses membres.
Puis hume l'air à la recherche d'un parfum.
Elle pense qu'il est sans doute encore un peu tôt
Mais bientôt viendra la renaissance.
 
Elle regarde ses enfants, non loin de là,
Et pense qu'ils sont déjà si grand.
La terre est riche par ici et le temps passe si vite.
Elle les revoit encore, il y a peu, si petits,
s'amuser, innocents, dans le vent puissant,
à se pencher et presque tomber,
Et la crainte bien maternelle de les voir emportés.
Mais ils sont bien toujours là,
beaux, forts et sages maintenant.
 
Une vibration la ramène au temps présent,
La nature, si calme, est réveillée par un bruit.
Un chariot à roues de métal, cahotant sur les pierres
avec à son bord quelques femmes, quelques hommes,
qu'elle entend de là, chantant ou pleurant.
On en voit si peu par ici, que viennent ils faire,
Cette place est si reculée, songe t'elle,
que de nature nous sommes dans ce coin de monde
les seuls être vivants.
 
A sa vue, ils s'approchent.
Elle les reçoit bras ouverts.
Profitant de son accueil, ils s'installent puis discutent.
Ils parlent d'une guerre.
d'une guerre qu'ils fuient
Pourquoi faut il toujours que les hommes se disputent.
Elle en a vue pourtant, mais sans jamais comprendre
cette agitation futile contre le temps
Puisque finalement c'est toujours lui qui gagne.
 
Elle les regarde en songeant
que bientôt ce lieu qu'elle habite depuis si longtemps
Sera la proie du feu, de la colère et du sang.
Mais elle sait depuis toujours que la nature se vengera
et qu'elle sera là ce jour, quand le moment viendra.
Puis il est temps pour eux de quitter ce lieu.
les hommes regagnent leur chariot.
Pour un dernier au revoir,
Elle agite ses longs bras.
 
Les hommes alors rejoignent
l'ombre fraîche de la forêt,
Sans se retourner ils s'eloignent
de ce lieu sacré
et du grand arbre millénaire
dont les branches dans le vent,
leur font comme un signe...
d'adieu
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Commentaires
M
oui, bien sûr!ça me pique les yeux quand c'est triste, mais là c'est pas ça, c'est ... "déglutir" d'émotion, quoi, comme si, scotchées par quelque chose, toutes nos fonctions s'arrêtent sauf la production de salive...faudra que je me renseigne, tiens...;)
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K
<br /> <br /> Ne t'inquiète pas, ma chère, j'avais bien compris. Il y a une onomatopée pour ça qui exprime bien : gloups !<br /> <br /> <br /> <br />
M
je suis délicieusement bluffée, Oliv'et je t'assure, ça ne m'arrive pas souvent, mais j'avalais ma salive en relisant (tu sais, ce liquide qui jaillit soudain dans la gorge quand on est ému):)
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K
<br /> :)<br /> <br /> (moi, quand je suis emu, c'est le liquide lacrymal qui vient...La salive étant réservé à l'expression de mon estomac ! :D )<br /> <br /> <br />
M
Très bon poème, quelle écriture ! J'ai l'impression de voir la scène, les protagonistes...
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K
<br /> Merci :)<br /> <br /> <br />
G
J'aime beaucoup... J'y étais!
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K
<br /> <br /> Pourtant pas vraiment un poème, pas vraiment un conte. Si tu y étais, je suis bien content de t'y avoir transportée...<br /> <br /> <br /> <br />