sous la plume

Mercredi 22 avril 2009
Il se redresse et regarde son travail. Ses mains sont rêches comme du velcro à force de fouiller dans l'acide ou le basique de la mère nouricière, et quand il les frotte sur son pantalon, il en arrache quelques bouloches de velour. Mais ce qu'il a devant les yeux le réconforte. Et ce qu'il y a au dessus de sa tête lui dessine un sourire sur ses lèvres minces et pâles. La pluie s'annonce et ce qu'il vient de planter sera bien nourri. Il souffle un instant et relève la tête.
Un jeune homme à l'air un peu excentrique s'approche.
"Bonjour monsieur ! lui lance t'il.
- Bonjour ...
- Je vous trouve beau".
Le vieil homme se sent un peu géné qu'un autre homme lui dise ça.
- Euh... Merci..."
- Ho, excusez moi ! Je suis sculpteur, voyez vous...
- Ha..."
Le vieil homme ne voit pas trop quoi répondre. Il ne s'intéresse pas vraiment à ce qui peut sortir du jardin, et la seule sculpture qu'il connaisse, c'est la taille des arbustes.
- Puis-je prendre quelques photos dans votre jardin ?" Lui demande le jeune homme avec un sourire.
- Si vous voulez..."
Le jardinier reprend son rateau et oublie le jeune artiste. Il veut finir avant la pluie...

Des années plus tard, le sculpteur retrouve les photos du jardin et du vieil homme.
En y retournant, il apprend que le jardinier n'est plus là, mais que les arbustes et les fleurs qu'il a planté le sont toujours.
Alors en souvenir de ce vieux monsieur, le "jeune" sculpteur qui ne l'est plus vraiment immortalise la silhouette dans les fibres d'un bois. Il retrouvera ainsi sa place au milieu des fleurs de son jardin.

Ecrire un commentaire
Voir les 11 commentaires
Lundi 13 avril 2009
C'était une fin morte. Une impasse. Une voie presque sans issue. Presque, car un large "Privé, Défense d'entrer" sur une porte lui barrait le passage. Toute cette fuite pour arriver là. Quelle idée de ne pas mettre d'issue au bout d'un couloir aveugle. Un couloir que pouvait emprunter tout le monde, un couloir public. Une simple porte qui séparait le public du privé.

 
Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires
Mardi 25 novembre 2008

Le poids des chairs. Le gout du sang, Le parfum grenat de ton ventre. Les doigts sur ta peau et le bleu des veines. Nos énergies contraires. S'ouvrir, perdre le nord ou le haut, oublier qu'une force nous est supérieure. ondes aux amplitudes infinies, le seuil du monde et l'éternité des marées. se faire ténèbres. Une seconde éternelle, et nos âmes brulées. emprunter les voies abandonnées. Passer de proie à prédateur. Et un destin plus grand que nous. Ralentir à l'ultime la danse de nos émotions, dans une sphère où le temps n'est plus. Nos océans de peaux en tempêtes. Mesurer les manques. Compter les traces et l'espace qui les séparent. L'amour est un poison difficile à diluer. Je n'ai fait que pousser le premier domino. Tu poseras le dernier.

Et l'instant d'après, le printemps. L'intérieur et l'extérieur comme un tout. Un combat comme une danse. La destruction du reste. Pulsions de corps tendus. Danse sur la musique de la guérison. Abrège avec lenteur notre mort certaine. Âme opaque, sillage des gestes. La noirceur est là pour révéler la lumière. Plus que ton reflet, ton miroir. L'apesanteur du liquide contre des parois vivantes. comme une note de musique sourde et pure. Je te donne mon ombre sur le ciel, et j'oublie qui nous sommes. nos corps allongés dans l'obsidienne n'ont plus froid. Le but ne m'échappe plus à présent. C'est important...

Ecrire un commentaire
Voir les 12 commentaires
Vendredi 12 septembre 2008
Je crois que ma vie est bien finie.
Je n'ai pas eu une vie facile. On peut même dire que je n'en ai pas vraiment eu. C'est simple, je n'ai eu que mon travail.
ça a commencé quand j'était tout petit.
Déjà, à l'école, je faisais les buts, ou alors je marquais un angle du terrain, et je me prenais tout le temps le ballon dans la tête. Ado, je me faisait bousculer sur les pistes de skate et je les regardais passer à toute vitesse, sans jamais avoir l'occasion d'essayer. A la même époque, j'étais aussi dans les stades d'athlétisme, des fois aux couloirs de courses, mais la plupart du temps sur le terrain de lancer. Là j'étais fier. Je suis même passé à la télé. Mais on me voyait pas longtemps non plus. Je n'étais pas une star.
Après, il a fallu que je travaille. Vu que je n'étais pas très grand, j'ai commencé par aider les jeunes à passer leur permis moto. Ce que je redoutais le plus, c'était le slalom. Je m'arrangeais pour rester en début de piste, là où on craint moins de se faire écraser les pieds par des motards débutants. J'ai assez vite pris ma retraite de ce travail, surtout que j'avais grandi d'un seul coup. Je n'étais plus adapté pour ce job. Je suis passé dans le batiment. 
Là, j'avais toute ma place.
Je surveillais les chantiers. Je faisais en sorte que leurs abords soient bien dégagés. Ce n'étais pas tous les jours facile, c'est vrai, surtout l'hiver, mais je ne craignais pas le mauvais temps. Il y avait du danger, aussi, mais la plupart du temps en s'en sortait avec de simples égratinures.
Je voyageais, ho, jamais de longues distances, mais je voyais du pays. Enfin, du pays en construction.
Puis un jour, la société qui m'employait a fermé l'agence où j'étais. Tous mes collègues et moi même avons été transférés à la filliale qui fait les routes. Une horreur ! Les pieds dans le goudron, couvert de poisse.
J'ai évolué, connaissant bien la route, au stade de la sécurité routière. Tout le temps en vadrouille, pas un instant chez soi. 
Ma dernière mission a été de surveiller une voiture en panne. Une mission qui a durée plusieurs semaines. 
La voiture a été emmenée, mais moi je reste là.
ça fait déjà presque 1 mois. Ma vie finie la, sur le bord de la route.
Je crois bien qu'on m'a oublié, moi, le vieux pauvre cône de sécurité...
Ecrire un commentaire
Voir les 10 commentaires
Vendredi 12 septembre 2008
Luna Nuitombée qui arrivenait de se réveillever, yeugardait éberluahurie la minustite montaline dont elle avait l'habicoutume à chaque crépusbrunes d'honorésaluer. Il y avait quelque chose de brindezingue, un truchose tout à fait inhabifférent dans le décor. C'est alors qu'avec horreufaction, elle remarquaperçu que sa montaline préféraimée était toute désertisèche ! Toute l'eaumidité avait été goulubue par Soleilardent qui avait tous les jourdavants dardlancé ses raytubions et aspinhalé toute la lavure de la montaline tellement qu'il avait pépiesoif.
Les pauvres herbiplantarbres étaient toutes tortiracornies, on aurait dit des cactuchardons !
ça mit Luna Nuitombée dans une colhumeur charbonoire et terriblysmique qui inondillumina en négatif tout le paysarama ! Alors comme ça, Soleilardent avait profitexploité qu'elle avait le doverso orientourné et la dormition profabyssale pour boirberonner, lamplicher, picosiffler et laissabandonner fichaizgnotte d'oflotte pour la cosmonature ! Nonnietnadanein !!! Luna se souverappelait bien qu'il avait fait très tropichaud pendant son dormeil, mais là, il fallait faire quelque chose.
Puis de contempvoir la pauvraride montaline comme ça, toute ravifrippée comme une viellantique pomme de terragaïa, son atrabicolère retomba comme un beignoufflet au caseïfromage et les perlarmes lui vint au yeux.
Elle ne pouvait plus arrimetenir son chagspleen. Et elle pleurait tant est si bien que les globulettes de perlarme finirent par formessiner des petits cassiruisseaux qui gambacourraient sur la montaline. La montaline paraisembla retrouprendre sa viesouffle. Les herbiplantarbres se regonfverdirent. Puis de constavoir que la montaline reprenait vie, ce n'était plus de désolistesse que Luna larmoipleurait, mais de délijoie ! C'était mervadorable, c'était fantasmagique, la montaline avait de nouneuf son aspilhouette de toutes les crépusbrunes. Luna Nuitombée décida de rendezvoir dès le lendemain Soleilardent pour le sermogronder.

C'est depuis cette nuit qu'il y a
de la rosée le matin et parfois des éclipses !
Ecrire un commentaire
Voir les 12 commentaires

Les yeux ailleurs

Catégories

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Derniers Commentaires

Super glop

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus