Les yeux ailleurs

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Super glop

Vendredi 13 juin 2008
Elle se réveille.
Je me réveille.
Je me réveille et j'ai mal au ventre.
couverte de sang.
Je me réveille, j'ai mal au ventre et du sang sur les mains.
Il fait nuit.
j'ai mal au ventre et du sang sur les mains, ce sang est le mien.
j'ai mal au ventre et mon sang sur les mains
et le noir aux fenêtres.
Tout ce sang devant elle.
j'ai mal au ventre et mon sang vient de là.
Mon sang sur les mains et mon sang entre les jambes, et le noir aux fenêtres.
Mon sang sur les mains et mon sang entre les jambes, ce mal au ventre, je me rappelle.
Elle l'a fait.
je me rappelle, ce sang sur mes mains, mon sang entre les jambes, je l'ai fait.
Je l'ai fait, Je me rappelle.
Où est il ?
Il était en moi, Je l'ai fait, je me rappelle. Où est il ?
Je voulais qu'il parte, il était en moi, je l'ai fait, je me rappelle. Mais où est il ?
Ce démon, je voulais qu'il parte, il était en moi, je l'ai fait, je me rappelle. Mais où est il donc ?
Il voulait sortir, ce démon, je voulais qu'il parte, il était en moi, je l'ai fait, je me rappelle. Où est il maintenant ?
Je l'ai fait ce démon, il voulait sortir, je voulais qu'il parte, il était en moi, je l'ai fait, je me rappelle. Mais où est il, bordel ?
Mais il n'est pas ici.
Je ne comprend pas.
Je me rappelle.
Je l'ai fait sortir.
Je l'ai fait sortir de moi.
Je l'ai fait sortir de moi, je n'étais pas seule.
Je l'ai fait sortir de moi, avec son aide.
Je l'ai fait sortir de moi, avec son aide, mon amour.
Je l'ai fait sortir de moi, avec son aide, mon amour de fils.
Mon fils.
Son fils était là.
Mon fils et ce démon.
Mon fils et ce démon que j'ai fait sortir de moi.
Mon fils et ce démon
qui sort de moi et qu'il prend.
Mon fils et ce démon qu'il prend dans ses bras.
Ce démon dans ses bras et sa voix.
Ce démon dans ses bras et sa voix qui me parle.
Sa voix qui me parle et que je n'écoute pas.
Sa voix qui me parle et que je n'écoute pas, je ne veux pas savoir.
Je n'écoute pas, je ne veux pas savoir, mais j'entends.
Je ne veux pas savoir mais j'entends une fille.
J'entends une fille, c'est une fille, une fille.
Ce démon est une fille.
Ce démon est ma fille, je le savais.
Qu'ai je fait ?
Mon fils est un démon.
Mon fils était un démon.
ma fille démon et mon fils démon.
Je me vois, qu'ai je fait ?
ma fille démon dans les bras de mon fils démon, mes démons.
Je leur parle, je me vois, qu'ai-je fait ?
Mes démons, que je chasse.
Je leur cri, je
leur parle, je me vois, qu'ai-je fait ?
Mon fils démon qui part avec ma fille démon.
Tues la,
je leur cri, je leur parle, je me vois, qu'ai-je fait ?
Mes démons qui s'éloignent et déjà le noir aux fenêtres
Je perds ma raison,
tues la, je leur cri, je leur parle, je me vois, qu'ai-je fait ?
Mes démons que j'aime et le noir aux fenêtres
Cette Enfant qui pleure,
je perds ma raison, tues la, je leur cri, je leur parle, je me vois, qu'ai-je fait ?
Mes démons que j'aime.
Mes enfants.

(à suivre)



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Jeudi 12 juin 2008

Vendredi 13 a une signification pour moi. une bonne. Une de celle qui, si l'on est superstitieux, fais pencher les vendredi 13 vers le côté porte bonheur.
En 2006 il n'y avait que 2 vendredi 13. Le vendredi 13 janvier, et le vendredi 13 octobre. Si on compte bien, ces deux vendredi sont exactement séparés par 9 mois. Jour pour jour.
Oui, vous avez presque deviné !
Nous avions du mal à avoir un enfant. Alors nous avons fini par nous faire aider médicalement. C'était en 2002-2003.
Après quelques années infructueuses et diverses méthodes, nous avons tenter l'opération de la dernière chance.
Celle qui consiste à injecter un à un dans une quinzaine d'ovules prélevés directement dans les ovaires après une stimulation intense, des spermatozoïdes soigneusement sélectionnés parmi ceux qui étaient encore viable.
Les observer pendant 2 jours. Puis réimplenter dans l'uterus 2 embryons parmi ceux qui semblent avoir la meilleure capacité de développement.
Cette réimplantation à eu lieu... le vendredi 13 janvier 2006.
Le début d'une belle histoire qui devait s'achever 9 mois plus tard, le vendredi 13 octobre...

Quand je vous disais que le vendredi 13 me portait chance...

Pour lire la naissance, c'est par ici


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Jeudi 8 mai 2008
Voila. L'animal de métal me fixe de ses yeux. Je dois être patient. Ta liste est immense et remplie d'incontournables. Trop de chose qui prennent ce temps qui nous échappe rien qu'à survoler. J'espère juste que vous n'avez pas commencé votre visite par cette gare.
La partie extérieure la plus belle du batiment est seulement du côté du fleuve. Et je vois d'où je suis placé la plupart des points d'arrivée. Et puis les animaux sont un passage obligé pour les enfants.
Le serpent d'homme garde sa longueur déconcertante. Pourtant c'est l'heure du repas.
Ici, ça a l'air facile de se donner rendez-vous. J'en vois arriver à cet endroit et s'embrasser, se dire bonjour avec de grands sourires. Pourquoi dans ce cas raterai-je le mien avec toi. J'ai aussi une réponse mais je ne l'envisage pas. Que tu ne viennes pas du tout ici !
Je vois également la sortie, si tu es dedans, je te verrai aussi sortir.
Les couples se prennent en photos devant les statues. C'est beau. L'amour, ça donne un air joyeux aux gens.
Moi je l'attend. Et les heures passent.
La file s'est réduite de moitié. Les gens sont beaux quands ils ne sont pas pressés ou stressés. Où es tu parmi tout ce monde. Si seulement tu pouvais m'envoyer ton signal.
Je suis sur que tu n'es pas loin de moi, mais pourtant si inaccessible.
J'espère d'un instant à l'autre apercevoir ta silhouette.
Oui, voila, je te vois. Je suis sur que c'est toi.
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Dimanche 27 avril 2008
Trois voix :
- La température augmente.
-Très bien. Voyons voir comment il va réagir
- ...Êtes-vous surs que c'est une bonne idée ?...
- on a pas le choix, on doit aller au bout de l'expérience
- Pensez vous qu'il est vivant ?
- Ben là on est a 180° C, ça monte encore. On s'arrête à 210
- Ok... On continu encore tant qu..
- Il a bougé !
- Quoi ? Non, je ne vois rien sur le scan, tu as révé
- Non je t'assure ! Tiens ! regardez...
-...
-...
- Oui tu as raison, ça gonfle.
- Olala, mais alors c'est vivant ?
- Nous n'en somme pas sur.
- Pourtant le mélange a été fait correctement !
- Je crois
- 210 ° atteint. On fait quoi maintenant ?
- On attend de voir s'il bouge encore
- Il bouge encore, il gonfle de plus en plus
- Pourvu que les sécurités fonctionnent
- J'ai vérifié.
- La porte est bien fermée ?
- Oui, pas de fuite possible
- Pensez vous que ce soit un monstre ?
- C'est sur, nous n'avons jamais connu ça
- Tant que nous savons pas si c'est dangereux vaut mieux faire attention
- Oui tu as raison, on sort les pistolets laser ?
- Non si jamais ça l'enerve, imagine
- Moi je dis qu'on aurait pas du
- On craint rien tant qu'il est enfermé la dedans

Une voix de femme lointaine :
- Hého, vous êtes où ?

Les 3 voix :
- On est là !

La voix plus près :
- Ben, vous faites quoi là, devant le four ?

- ... Ben rien maman, on joue à regarder cuire le pain !

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Mardi 1 avril 2008
Sur les mots d'un article du blog de XYZ que j'adore, j'ai écrit ce petit texte.

Le sens qui monte, descend, telle la terre sur la mer. L'amer du goût du sel sur nos peaux. Des mots pour trucider, déchirer, arracher, tenailler ces lourds manteaux de nos peurs. Puis nus, enfin, verser le sang et l'acide sur ce qui reste de nos consciences et soigner les brulures des raisons éperdues, imposées par nos pères. Parvenir à l'extrémité de nos âmes. S'enfoncer, profondément dans les chairs brulées à l'acide des mots du bien pensant. Parvenir à rassembler les fragments de nos ancêtres sauvages. A exprimer l'essence de cet être. Extraire l'huile essentielle la plus forte, celle qui possède toute la puissance de l'amour et des dieux. La mettre au monde, de nos chairs vivantes, la verser sur le monde en brume légère. Se plonger dans l'aversion qu'elle procure sur les esprits étriqués en mal d'évasion et de sagesse illusoire. Continuer sans relâche, sans autre jouissance, à aligner les mots du message. Des mots, si simples, mais qui peuvent transporter l'âme sur des monts de félicité, là où la jouissance des corps peut être contigüe et aigüe comme une fusion dans un air pur. Aiguiser nos pensées, pour que notre message puisse perforer même les plus tristes, les plus pires âmes, arriver à les faire toucher des mots.
J'aimerais vous faire sentir l'importance de cette tâche qui nous incombe, et parvenir a vous emmener avec moi, à vous donner l'envie de ce dépassement dans l'amour. Puissions nous arriver à élever un peu nos esprits, tous ensemble, pour permettre à nos corps d'atteindre, d'un geste, d'une envie, les sommets même les plus modestes. Parvenir à la pureté de l'amour, l'émotion extrême et ultime, que parfois, par une certaine stimulation, émulation nous arrivons à apercevoir. Mais si vous ne parvenez pas à croire en l'existence de ce continent, c'est comme s'émasculer. C'est comme ravager par les flammes une terre fertile, un corps humain. C'est comme nier l'existence des sexes de l'homme et la femme. Cette différence fondamentale, immense, si vous la niez, transparait transfigurée, disloquée, démembrée comme une vulgaire poupée de chiffon, anéantie, émiettée, Particulée aux vents. Non, personne ne veut cela, n'être plus rien. Ce qu'il faut, c'est être tout, connecté aux âmes, unie aux vents qui parcourent l'univers et les galaxies, et ce qui n'est pas visible, bien au delà des craintes qui nous retiennent au sol de nos certitudes. Laisser L'instantané de nos corps, nos gestes, nos respirations, sans autre preuves de notre existence divine, s'unir, l'un à l'autre, laisser notre glucose Bruler pour si peu, et pourtant si importante, Une seconde d'éternité...

S'embraser...
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