Les yeux ailleurs

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Super glop

Lundi 16 juin 2008
Comme tout le monde de nos jours, je reçois une quantité astronomique de spam dans ma boite email.
Entre "mettre à jour votre penis", "Viens et rejoins les plus grand winners ever!", et autre promesses "D'être l'amour dans ses yeux grace aux blue pills du docteur V.ia Gra" on ne fait plus vraiment attention.
Pourtant celui là, je l'ai trouvé amusant.

Pillules Pour La Joie.

Tout un programme.
Par un effet magique d'une traduction automatique, achetée au rabais, je trouve que ce spam ressemble aux papillons qu'on nous distribue parfois à la sortie du métro pour un gourou africain spécialiste du retour de l'être aimé, résultats garanties, etc. pas tout à fait en vrai français.

Voici le contenu du mail :

Le magasin en ligne vous offre pour echanger a la securite reelle en achetant des medicaments. Nous recevons nos comprimes directement de l'usine du fabricant donc ils ne passent pas par les mains d'aucuns intermediaires.

Achetez seulement et confidentiel, achat VISA et MasterCard.

Mais qu'est-ce que c'est que cette offre d'échanger à la sécurité réelle ?
Y a t'il une usine qui ne soit pas du fabricant ?
Quels sont les mots d'origines qui ont permis d'avoir ce texte ?

A vrai dire, peu importe, les traducteurs automatiques sont vraiment des poètes...
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Lundi 9 juin 2008
Résumé de l'épisode précédent : "Matt n'a plus de cigarette. Il doit sortir."

Je mate la pile de godasses entassées à l'entrée. Je devrais mettre mes baskets, cette journée (enfin, ce qu'il en reste) promettant d'être longue. Mes homologues humains ont le chic pour me donner rendez vous tous en même temps. Mais en fait non, pas de basket. Un truc me dit plutôt d'enfiler les chaussures classes que je mets pour sortir en soirées. Avec cette pluie, c'est une idée stupide comme il m'arrive souvent d'en faire. Encore cette foutue petite voix qui nous pousse à agir, souvent pour rien, mais qu'on ne peut s'empecher d'écouter.
Je descend l'escalier, remonte mon col en traversant la cour intérieure, c'est quelle est froide cette eau, et m'élance vers le bistrot du coin et son enseigne rouge en voie de disparition.

Je rentre trempé dans le bureau de tabac.
Toute cette eau qui dégouline de mes cheveux et me refroidit aussi vite que je m'étais échauffé en courant pour traverser le quartier me donne envie de pisser. La nature nous rappelle sans cesse qu'on est beaucoup de liquide, et bien peu de matière pour tenir tout l'ensemble. Perce un petit trou dans l'enveloppe, et toute ta vie s'en écoulera. Les gens savent t'il qu'on est aussi fragile ?

Difficile de se composer un visage agréable quand la buraliste, pourtant jolie et souriante, t'annonce le prix. La dose de poison coûte d'autant plus cher qu'il en faut beaucoup pour te tuer. Je lui tend le dernier billet qu'il me reste en me retenant de l'inviter à diner. Oh ! Et puis je tente, après tout, j'ai mis mes pompes classe. Etonnant comment l'apparence, ça me rend plus fort ! Me voila narcissique ! Elle refuse poliment, comme la fois précédente.
Je me sens plus fort, mais je ne suis pas pour autant devenu son type d'homme. Dommage. De toute façon, je n'ai pas le temps en ce moment. On se donne les excuses qui nous arrangent.


Je me commande un café, pose mes affaires sur une table libre et descend l'escalier qui mènent aux WC libérateur de vessies pleines, comme l'est ma tête, mais de pensées.

Je me demande sur quoi va me mettre mon producteur. La
dernière fois, le reportage sur les pigeons de la ville c'était vraiment... comment dire tout en restant poli ? c'était chiant (oui, je suis poli là). Filmer des oiseaux en train de becqueter des miettes laissées par des mangeurs de sandwich. Passionant. Non, moi, j'attends le reportage de ma vie, celui qui va faire de moi un journaliste célèbre, envié de toute la profession, et même au delà ! C'est pas dans ces WC que ça va m'arriver.

Tiens, je viens de m'apercevoir que pendant que je pissais, sans vraiment n'en rendre compte, je tournais le flot autour du trou de la cuvette, en prenant soin de ne pas faire tomber le jet dans l'eau stagnante et jaunissante. Est-ce cela qui s'appelle tourner autour du pot ?

Qu'est-ce qu'on peut être con parfois !

Je me regarde dans la glace au desus du petit lave main. Ai-je la tête qui convient à mes ambitions ? Celle qui sera la femme de ma vie, qui vit quelque part, me reconnaitra elle ? Je me sèche.
Puis je rejoins rapidement le monde des vivants laissant derrière moi mes pensées et une vague odeur. Ultime reste de l'animal qui marque son territoire.
Mon premier rendez-vous est là, à m'attendre...

(à suivre)
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Lundi 2 juin 2008

Le trottoir sur lequel il marchait frissona soudain, le déséquilibrant à l'entrainer presque dans une chute le sol contre la tête, ce qui est souvent très douloureux. Tandis qu'il se raccrochait tant bien que mal à un poteau de stop multicolore, la rue, par la bouche d'égout la plus proche, l'interpela.

"J'ai l'angle de la rue qui me démange ! voudriez vous bien me le gratter ?"

C'était la première fois que cette rue lui parlait, même s'il habitait le quartier depuis déjà quelques saisons (peut être bien déjà la cinquième), alors il regarda autour de lui pour savoir si c'était bien à lui qu'elle s'adressait. A part les quelques voitures qui trottaient pas loin, il était seul.

- Pardon , Est-ce à moi que vous parlez ?" Dit il sans trop savoir où fixer son regard.

- Ben oui, à qui d'autre  !". Effectivement, à qui d'autre que lui, seul sur ce trottoir.

- C'est à dire que d'habitude vous parlez avec m'dame Zuff ou bien M'sieur Clapo, ou même d'autres mais jamais avec moi !" s'étonna t'il.

- Ben cette fois c'est vous et vous tombez sacrément bien ! Vous voulez bien me gratter l'angle s'il vous plait ?"

La rue était maline, sa bouche d'égout se fendit d'un sourire, exhalant par la même occasion un parfum sucré. Il n'a jamais su reconnaitre les gouts des bouches, mais là aucun doute, ce n'était pas une bouche d'égout acide, ou pire, amer. Il en était bien content, ce qui lui donna l'envie d'essayer de bien vouloir gratter cette rue.

 "D'accord !" répondit il à la rue."Que dois-je faire ?"

- Ben j'ai l'angle droit qui me gratte et c'est horrible ! j'en peux plus, j'en fait même frissonner mes trottoirs, ce qui risque fort de finir par un accident, moi je vous le dit ! d'ailleur vous avez bien failli en avoir un vous même n'est-ce pas ! Preuve qu'il faut absolument, sinon venir à mon secours, au moins venir a celui d'autrui !"

Pendant qu'elle lui parlait, il s'était rapproché d'un des croisements et se demandait lequel des angles était le droit.

- D'habitude," Reprit-elle, pratiquement sans prendre son souffle, " j'attends les chiens ou bien la balayeuse ! mais la prochaine est dans trop longtemps ! Non ce n'est pas cet angle là, c'est l'autre en face".

Cette fois la bouche employée sentait l'air marin et l'iode, ce qui le rassura, car il aimait bien aussi l'égout salé.

Il traversa la rue, en évitant avec habitude quelques voitures qui s'étaient mise à lui foncer dessus, et arriva enfin à l'angle droit. Maintenant il se demandait ce qu'il devait bien faire pour gratter un angle, droit de surcroit.

"Allez, Allez ! mais qu'est-ce que vous attendez ?"

- Je ne sais pas ce qu'il faut faire pour vous gratter convenablement et ne pas éveiller une autre démangeaison, voyez vous !" S'indigna t'il.

- Avez vous un balai ? Une brosse ? Quelque chose à poils durs qui gratte ?"

Il pensa aussitot à son peigne qui était dans sa poche. Mais il ne voulais pas s'en servir. A ça non ! Un peigne chromé, et téléscopique, offert par son grand père sur son lit de mort. Bon ce n'était pas le jour de sa mort, c'est vrai, mais il etait bien mort dans ce lit, 8 ans plus tard. Définitivement non, il ne sortirait pas son peigne tout brillant encore malgrès les siècles pour l'abimer.

Il regarda autour de lui ce qui pourrait bien lui faire office de grattoir d'angle de rue. Une voiture, non, un passant pressé, non plus, une poubelle pleine, pouah, non de non, un arbre, oui ! Voila.

Il s'approcha de l'arbre. Mais la première branche était trop haute. Il fallait s'étirer le bras, et la dernière fois qu'il avait fait ça, son bras était resté long au moins 2 heures. C'était bien amusant pour foutre des baffes à distance, mais trainer un bras par terre, ce n'était vraiment pas terrible, et enroulé autour du cou, ce n'etait pas pratique en plus de tenir trop chaud.

- Si j'étais vous je me dépècherai " lui lança la rue "je vais causer un accident et vous serez responsable, parce que vous ne m'aurez pas grattée assez vite ! ça va faire du bruit, moi je vous le dit !"

Il s'imagina soudain sous les flashes des caméras, la figure en 4 par 3 sur tous les murs, avec un gros titre hurlant "Cet homme n'a pas assisté une rue en danger de mort de gratouille ingratouillée ! BOUH !". Non surtout pas ça ! Et que dirait sa mère veuve et orpheline d'un fils célèbre pour non gratouille à personne démangée ! Et que dirait son chat, qui aimait tant qu'on lui gratouille derrière les oreilles. Il fallait réagir et vite.

- Oui vite !" S'écria la rue, comme en réponse à ses pensés, alors qu'il s'étirait le bras en estimant la hauteur.

Il demanda à l'arbre s'il pouvait lui emprunter une branche, une avec des épines si possible et qu'il lui rendrait en parfait état de poussage, feuilles vertes et tout, et tout.

Sauf que l'arbre était commerçant.

- Et j'aurai quoi en échange ? Moi je donne rien, je vends !"

 Il fut plutot surpris. Ne voyait il pas, cet arbre mondialiste, qu'il risquait d'avoir une voiture lui fonçant dans le tronc, parce que la rue se tortillerait, faute de grattage ?

"La vie sauve ! Et c'est déjà pas mal !" lui lança par une de ses bouches acides et menaçante, la rue qui n'avait rien perdu de la conversation "je peux facilement poluer tes vivres ! Alors tu lui donne ta meilleure branche et que ça saute !".

L'arbre frissonna à l'odeur piquante qui commençait à lui roussir les feuilles et se plia à la volonté de la rue, comme un homme politique.

Il était un peu déçu d'avoir étiré son bras pour rien, parce que l'arbre plié, les branches étaient accessibles. Neanmoins, il prit la branche que lui tendait l'arbre, une belle, avec des feuilles de houx, des épines d'accacia, et des piquants un peu partout.

La rue trépignait d'impatience, et toute sa surface gondolait dangereusement. Il se précipita sur l'angle, la branche dans la mains, un peu trop vite, ce qui lui causa de multiples piqûres, et il la frotta vigoureusement sur l'angle vibrant.

"OOHHHH ! Que c'est bon !", s'écria la rue qui fut tout soudain parfumée de barbe à papa pure sucre. "Encore, oh oui, un peu plus haut, oui là !"

Il faisait de son mieux pour ne pas se transpercer les mains, mais il se sentait soulagé de voir la rue se détendre enfin et le danger d'une vilaine célébrité s'écarter d'au dessus de sa tête.

"Mmmm, merci, merci, merci !" Toutes les bouches d'égout étaient ouvertes par l'extase du soulagement.

- C'est bon ?" Lui demanda t'il.

- Oui, c'est bon, tu peux arrêter ! Merci encore ! A bientôt, ou plus tard".

Il regarda autour de lui.

Les voitures reprennaient leur galop de plus belle. Les pietons pressés qui s'étaient accrochés de ci de là, se remirent à courir en marchant, leurs courses aux pieds comme si rien ne s'était passé. Les panneaux de stop clignotaient en tout sens comme à l'accoutumé.

Etait-ce là tout les remerciements qu'il aurait ? Une rue tranquille qui sentait bon le sucre ?

Las, il laissa tomber la branche dans la branche que lui tendait l'arbre, avide de récupérer son bien, et repris son chemin, abasourdi par son aventure.

Non vraiment, il était bien décidé. jamais plus il ne repasserait dans cette rue aux démangeaisons sauvages.

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Vendredi 7 mars 2008
Hier, j'ai été voir une amie, la meilleure de mes amies sans doute. Je l'adore, elle est comme une soeur pour moi. Quand on se voit, on fait des expériences mystiques.  C'est comme un entrainement.  Hier, on a fait de la télépathie. C'est incroyable comment elle est forte à ce jeu.  Par exemple, nous étions dans une librairie, à la caisse. La vendeuse emballait nos livres, et les gens derrière nous parlaient en attendant que nous libérions la queue. Et d'un seul coup, il y a eu un grand silence. En fait non, juste les voix humaines qui se sont tues. En fait , non, il y avait la vie de cette librairie révélée par ce silence de voix humaines. Une vie faite de respiration. Une respiration faite de souffle. Le souffle de la climatisation. J'en étais là de mes réflexions qu'elle se tourne vers moi et me dit :
"charmant, ce bruit d'aspirateur !".
Elle est forte, je vous le dis !
Plus tard, dans le resto grec où nous sommes allés manger, on s'amuse à se regarder dans les yeux, sans rien dire. Ses yeux que je trouve magnifiques. Ce regard qui plonge en toi à te donner le vertige.  Un visage qu'on veux prendre dans ses mains. Et sa petite bouche qui se serre et se relache, comme pour faire des bisous. Et là, pouf, elle me sort, "tu veux faire l'amour avec moi !"
En fait oui, j'avais envie.
Elle est forte, ne vous l'ai-je pas dit ?
Mais moi j'ai répondu bêtement "je sais pas !".
Du coup, ça a du nous choquer parce que après, ça marchait plus trop bien !
On a du fermer des robinets à pensées. Oui, ça doit être un truc comme ça. Et on a pas fait l'amour non plus.
Encore plus tard, nous marchions en silence côte à côte, et je pensais qu'elle ne comprenait pas pourquoi j'avais envie d'elle, elle disait que j'avais tout déjà, et pas besoin, donc de coucher, même si elle était d'accord, si c'était ce que je voulais. Il fallait que je lui dise que ce n'est pas ça, qu'en fait... qu'en fait... c'est parce que.... comment dire. Et là, elle me dit : "Il faut accoucher des esprits !".
Alors ça, elle est forte ! Non ?.. Ah! vous êtes déjà au courant !
Mais moi, je n'ai rien dit, je n'ai pas accouché de mon esprit. Je ne lui ai pas dit que si je ne couche pas avec elle, je ne saurais jamais. Qu'en fait, je ne saurais jamais si c'est vrai que je fait l'amour comme un dieu ! Je n'aurais pas de mètre
(bon, ok, mètre, c'est peut être un peu présomptueux ! 15 centimètres ça vous convient ?) donc centimètre étalon de ma sexualité si je ne couche qu'avec une seule femme de toute ma vie.
Mince, j'oubliais, c'est vrai, elle est forte !
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Mercredi 27 février 2008
Clash hip-hop tendu l'aprèm de Dimesa nier-der au Salon de l'Agriculture à Porte de Paname !

De notre chroniqueuse biatch funky style Marie Irène, le 25 février 2008
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