plus tard

Vendredi 15 mai 2009
Il y a un âge qu'on franchi sans s'en apercevoir.
C'est l'âge auquel nos parents ont eu le bonheur, au moins au début, de nous avoir eu. L'âge auquel cet homme et cette femme sont devenus papa et maman après avoir commis cette drôle de bétise, parfois sans le vouloir vraiment.
Quand j'étais petit, cet âge là pour moi, c'était l'an 2000, autant dire de la science fiction.
Ce qui est étrange, quand on atteint soi même cet âge, c'est qu'on se dit que nous n'aurions surement pas fait pareil, mais nous ne sommes jamais dans les mêmes circonstances. Atteindre cet âge n'est pas atteindre la raison. Alors on répète les mêmes bétises, avec plus ou moins de bonheur. C'est l'âge du renouvellement des générations.

Mais ce n'est pas un âge comme les autres.

C'est exactement la moitié de l'âge de son père ou de sa mère. C'est l'âge après lequel le nombre d'années vécues devient plus grand que le nombre d'années qui nous séparent d'eux. ça doit être l'âge où il n'y plus rien à leur prouver, l'âge à partir duquel on vieilli ensemble. Pour ma part, c'est plutôt réussi.

Etonnant cet âge pivot où l'on regarde des deux côtés.

En attendant, peut être que ce sont les temps modernes qui veulent ça, mais cette "moitié de l'âge" arrive de plus en plus tard au fil des générations.
Qu'en sera t'il du double de l'âge, quand ma fille aura atteint cette moitié ?

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Samedi 29 novembre 2008

L'horloge affichait un insolent 6h45 lorsqu'elle se réveilla avec une folle envie de sentir la main de son amour ébouriffer ses cheveux.

Elle se retourna, se serra contre le corps chaud de l'homme qui dormait avec elle. Encore un peu de sommeil.
Encore un peu... 


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Mardi 30 septembre 2008
J'ai rêvé de New-York, d'Empire State Building, de Marc, de Phil et d'ombres qui montent. La musique souterraine des blocs qui tombent du quatre-vingt sixième étage en travaux. C'était comme une chute de serrac.
On mangeait quand on avait faim des hamburgers à 1 dollar qui nous brûlaient l'estomac.
On avait rendez vous, faut il une raison, quelque part au milieu de Central Park.
Les plantes lançaient déjà de l'or aux branches et leurs dernières fleurs de saison.
Nous allions à la recherche de quelque chose, une musique je crois.
Je ne sais pas si nous avons trouvé.
Je me suis réveillé.



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Jeudi 4 septembre 2008

Haaa, les patins à roulettes ! Il adorait ça. Il se rappelait parfaitement le jour miraculeux où son rêve lui avait été offert. Il avait réclamé depuis longtemps à ses parents, qui ne voulaient pas. Trop dangereux ! Mais quelle joie lorsqu'il a reçu de son oncle un peu facétieux, ces engins de casse-cou, au grand dam de maman !
C'est vrai qu'il s'était couvert de bleus, au début. Mais il avait vite progressé et il faut dire qu'il n'était pas mauvais. 
Il jouait à sauter par dessus les plaques, ou alors à rouler en arrière. Pendant des jours il s'était entrainé à franchir d'un bond l'espace d'un gouffre, une ruelle devrait on dire, comme si sa vie en dépendait.
Mais ce qu'il préférait, c'était fendre la foule du parc à toute vitesse, en frôlant presque les dames qui sursautaient à son passage, et l'appelaient vaurien, chenapan ou gredin. Oh oui, il adorait ça !
Le petit garçon regarde la paire et trouve ça un peu vieux. Les plaques à la peinture jaune un peu écaillée, les sangles en cuir tout ridé et les roulettes d'un ancien rouge devenu gris à force de poussières. Il la prend, sans trop comprendre ce que c'est, des mains qui lui tend. Mais ce qu'il connait bien, et qui est signe que la journée sera amusante à n'en pas douter, c'est le petit regard malicieux dans les yeux de son grand-père.
A n'en pas douter.

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Vendredi 1 août 2008

L'eau a penchée. Je ne sais pas comment ni pourquoi mais depuis maintenant quelques semaines, l'eau penche. Ce n'est pas pratique parce que parfois l'eau monte haut, il a fallu colmater, les brêches, les fissures, les portails en fer.
En plus, avant, on pouvait faire de la barque, maintenant, c'est trop difficile de remonter la pente. Alors les embarcations restent en bas. Heureusement pour les pêcheurs, la plupart des poissons aussi.
Toute la navigation doit s'adapter. Suivre la bonne pente, pour aller là où on veut, inventer un système de freinage. 
Le transport de marchandise par les eaux est devenue problématique. 
Des petis malins s'amusent à la descendre sur des planches de surf. Ils sont les premiers mais j'ai entendu dire que déjà certaines sociétés de sport d'hivers veulent mettre au point des stations de sport d'eau, avec remontées mécaniques, location de ski nautique, de planche ou de raft.
Moi qui habite à côté d'un lac en pente, ça me ferais bien plaisir.

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