Le sens qui monte, descend, telle la terre sur la mer. L'amer du goût du sel sur nos peaux. Des mots pour trucider, déchirer, arracher,
tenailler ces lourds manteaux de nos peurs. Puis nus, enfin, verser le sang et l'acide sur ce qui reste de nos consciences et soigner les brulures des raisons éperdues, imposées par nos pères.
Parvenir à l'extrémité de nos âmes. S'enfoncer, profondément dans les chairs brulées à l'acide des mots du bien pensant. Parvenir à rassembler les fragments de nos ancêtres sauvages. A exprimer
l'essence de cet être. Extraire l'huile essentielle la plus forte, celle qui possède toute la puissance de l'amour et des dieux. La mettre au monde, de nos chairs vivantes, la verser sur le monde
en brume légère. Se plonger dans l'aversion qu'elle procure sur les esprits étriqués en mal d'évasion et de sagesse illusoire. Continuer sans relâche, sans autre jouissance, à aligner les mots du
message. Des mots, si simples, mais qui peuvent transporter l'âme sur des monts de félicité, là où la jouissance des corps peut être contigüe et aigüe comme une fusion dans un air pur. Aiguiser
nos pensées, pour que notre message puisse perforer même les plus tristes, les plus pires âmes, arriver à les faire toucher des mots. J'aimerais vous faire sentir l'importance de cette tâche qui nous incombe, et parvenir a vous emmener avec moi, à vous donner l'envie de ce
dépassement dans l'amour. Puissions nous arriver à élever un peu nos esprits, tous ensemble, pour permettre à nos corps d'atteindre, d'un geste, d'une envie, les sommets même les plus modestes.
Parvenir à la pureté de l'amour, l'émotion extrême et ultime, que parfois, par une certaine stimulation, émulation nous arrivons à apercevoir. Mais si vous ne parvenez pas à croire en l'existence
de ce continent, c'est comme s'émasculer. C'est comme ravager par les flammes une terre fertile, un corps humain. C'est comme nier l'existence des sexes de l'homme et la femme. Cette différence
fondamentale, immense, si vous la niez, transparait transfigurée, disloquée, démembrée comme une vulgaire poupée de chiffon, anéantie, émiettée, Particulée aux vents. Non, personne ne veut cela,
n'être plus rien. Ce qu'il faut, c'est être tout, connecté aux âmes, unie aux vents qui parcourent l'univers et les galaxies, et ce qui n'est pas visible, bien au delà des craintes qui nous
retiennent au sol de nos certitudes. Laisser L'instantané de nos corps, nos gestes, nos respirations, sans autre preuves de notre existence divine, s'unir, l'un à l'autre, laisser notre glucose
Bruler pour si peu, et pourtant si importante, Une seconde d'éternité...
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