Vendredi 12 septembre 2008
5
12
/09
/2008
13:28
Je crois que ma vie est bien finie.
Je n'ai pas eu une vie facile. On peut même dire que je n'en ai pas vraiment eu. C'est simple, je n'ai eu que mon travail.
ça a commencé quand j'était tout petit.
Déjà, à l'école, je faisais les buts, ou alors je marquais un angle du terrain, et je me prenais tout le temps le ballon dans la tête. Ado, je me faisait bousculer sur les pistes de skate et je
les regardais passer à toute vitesse, sans jamais avoir l'occasion d'essayer. A la même époque, j'étais aussi dans les stades d'athlétisme, des fois aux couloirs de courses, mais la plupart du
temps sur le terrain de lancer. Là j'étais fier. Je suis même passé à la télé. Mais on me voyait pas longtemps non plus. Je n'étais pas une star.
Après, il a fallu que je travaille. Vu que je n'étais pas très grand, j'ai commencé par aider les jeunes à passer leur permis moto. Ce que je redoutais le plus, c'était le slalom. Je m'arrangeais
pour rester en début de piste, là où on craint moins de se faire écraser les pieds par des motards débutants. J'ai assez vite pris ma retraite de ce travail, surtout que j'avais grandi d'un seul
coup. Je n'étais plus adapté pour ce job. Je suis passé dans le batiment.
Là, j'avais toute ma place.
Je surveillais les chantiers. Je faisais en sorte que leurs abords soient bien dégagés. Ce n'étais pas tous les jours facile, c'est vrai, surtout l'hiver, mais je ne craignais pas le mauvais
temps. Il y avait du danger, aussi, mais la plupart du temps en s'en sortait avec de simples égratinures.
Je voyageais, ho, jamais de longues distances, mais je voyais du pays. Enfin, du pays en construction.
Puis un jour, la société qui m'employait a fermé l'agence où j'étais. Tous mes collègues et moi même avons été transférés à la filliale qui fait les routes. Une horreur ! Les pieds dans le
goudron, couvert de poisse.
J'ai évolué, connaissant bien la route, au stade de la sécurité routière. Tout le temps en vadrouille, pas un instant chez soi.
Ma dernière mission a été de surveiller une voiture en panne. Une mission qui a durée plusieurs semaines.
La voiture a été emmenée, mais moi je reste là.
ça fait déjà presque 1 mois. Ma vie finie la, sur le bord de la route.
Je crois bien qu'on m'a oublié, moi, le vieux pauvre cône de sécurité...
Derniers Commentaires